Détecteur de fumée obligatoire en 2015 : ce qu’il faut savoir

En mars 2015, les détecteurs de fumée deviennent obligatoires (selon la loi ALUR , publiée au Journal Officiel en date du 26 mars 2014). Lorsque qu’une loi de ce genre entre en application, nous entendons souvent de nombreuses informations qui peuvent différer selon les sources, nous vous proposons dans cet article un point sur les différentes choses qu’il faut savoir à ce sujet. Suivez le guide !

DAAF au plafond - détecteur de fumée

Résumé de la loi et contexte

La loi impose la présence d’un détecteur avertisseur autonome de fumée dans tous les logements. L’obligation commence à partir du 8 mars 2015.

Cette loi fixe le type d’appareil qui peut être installé, qui est responsable de son achat, de son installation et de son entretien, ainsi que quelques interdictions.

La loi rentre dans un contexte où les incidents en France sont relativement meurtriers :

  • En France, 1 incendie se déclare toutes les 2 minutes.
  • 10.000 personnes sont victimes chaque année d’incendies.
  • 800 décès par an (comprenant les décès à l’hôpital) dont 30 % d’enfants.
  • 70 % des incendies mortels ont lieu la nuit.

Le fait d’exiger un détecteur de fumée dans les logements est une question de sécurité : un détecteur de fumée permet de détecter un incendie à temps et ainsi d’éviter au maximum les conséquences funestes.

Les questions pratiques

Quels détecteurs de fumée sont compatibles avec la loi ?

Le détecteur de fumée doit être un D.A.A.F. : détecteur avertisseur autonome de fumée. Sous ce sigle, il y a un principe simple de fonctionnement : le détecteur doit être capable de détecter un feu et de le signaler par une alarme sonore (sirène) en totale autonomie (autonomie vis à vis d’un serveur central, d’un autre appareil et même du courant sur le réseau électrique).

Il existe une norme obligatoire pour tous les D.A.A.F. : la norme EN14604. Cette norme impose diverses indications directement sur le détecteur, de façon indélébile (constructeur, modèle, date limite d’utilisation). Elle impose aussi une autonomie minimum de la pile, et au détecteur de signaler un défaut de la pile ou un problème du système de détection, avec un signal différent de celui émis en cas de fumée. Enfin, un détecteur respectant la norme EN14604 dispose d’un bouton test permettant de tester le bon fonctionnement du détecteur et de sa sonnerie.

Il existe aussi la norme NF qui n’est pas obligatoire dans le cadre de la loi : elle impose notamment la présence d’un manuel et du marquage en français pour faciliter l’utilisation du détecteur. Cependant, la norme NF est une certification volontaire de la part des constructeurs et n’est pas systématiquement présente, même sur des détecteurs qui répondent aux critères.

Dans les logements en France, l’utilisation d’un détecteur par ionisation est également interdite (car le procédé est radioactif). Tous les détecteurs proposés sur notre boutique fonctionnent par système photoélectrique et ne contiennent pas de substance radioactive.

Dos de DAAF
Un D.A.A.F. présente sur l’étiquette sa date de remplacement, le type de piles nécessaires…

Est-ce que les détecteurs domotiques peuvent être utilisés dans ce cadre ?

Un détecteur qui communique avec un protocole domotique peut faire l’affaire, s’il respecte la norme et si son fonctionnement est bien autonome.

C’est à dire que pour les détecteurs en Z-Wave, par exemple, ils doivent avoir le fonctionnement basique d’un D.A.A.F., c’est à dire qu’ils doivent pouvoir :

  • être testés de façon autonome
  • détecter de la fumée et la signaler par une sonnerie
  • émettre des sonneries différentes selon qu’une fumée est détectée ou que la pile soit épuisée

…tout cela qu’ils soient inclus ou non dans un réseau Z-Wave.

La connectivité Z-Wave constitue alors un « bonus » : elle permet d’ajouter au signalement existant des effets propres au Z-Wave et à votre serveur domotique : déclencher des contre-mesures via des scenarios domotiques ou l’association Z-Wave, et éventuellement envoyer des notifications par e-mail, SMS, push… (selon possibilités du contrôleur domotique).

De même, il est possible d’utiliser des détecteurs de fumée interconnectables. Chacun d’entre eux peut fonctionner à minima individuellement. Mais leur grand intérêt est que lorsque l’un des détecteurs détecte une fumée, il sonne et avertit tous les détecteurs avec qui il est appairé, faisant ainsi sonner également ces détecteurs.

Un détecteur qui ne fait que remonter l’information au contrôleur domotique où à d’autres éléments domotiques, sans lui-même sonner pour signaler la fumée et/ou un problème de pile, ne fait pas partie des détecteurs rentrant dans le cadre de cette loi. C’est la notion d’autonomie du détecteur qui est importante.

Qui est responsable du détecteur de fumée ? Comment l’entretenir ?

Pour l’installation, c’est le propriétaire des locaux qui est responsable de l’achat et de l’installation des détecteurs (ainsi que du remplacement lorsque le détecteur ne fonctionne plus)

L’éventuel locataire est, quant à lui, tenu de tester régulièrement l’appareil et de changer les piles si l’appareil se met à faire le signal de piles faibles. Dans l’idéal, le propriétaire devrait expliquer à son locataire le fonctionnement du détecteur afin que l’efficacité de celui-ci soit optimisée.

Propriétaire Locataire / occupant
Achat du détecteur Vérification du détecteur
Installation du détecteur et remplacement Entretien régulier, changement des piles
Signaler la présence du détecteur à son assurance

Un entretien régulier du détecteur est nécessaire, entretien qui fait partie du ménage de routine de votre logement : faire régulièrement la poussière qui peut être posée sur le détecteur, passer soigneusement un petit coup de chiffon sur sa surface et, occasionnellement, nettoyer délicatement l’ouverture (la fente) du détecteur en utilisant un aspirateur muni d’un embout brosse. Le fait que les ouvertures du détecteur ne soient pas obstruées par de la poussière permet une détection plus rapide de la fumée en cas d’incendie.

La durée de vie de la pile dépend du type de pile utilisé par le détecteur de fumée. Ainsi, l’intervalle approximatif où il faut changer la pile est de :

  • Pour une pile saline : tous les 6 mois environ ;
  • Pour une pile alcaline : environ une fois par an ;
  • Pour une pile lithium :  tous les 5 ans environ.

Dans tous les cas, il faut changer la pile dès que le détecteur commence à émettre le signal indiquant que la pile est en fin de vie.

Combien de détecteurs, comment et où le/les installer ?

La loi impose juste un détecteur par logement, indépendamment de la surperficie. Pas d’indication de nombre de détecteur par m² ou par étage. En revanche, pour les logements collectifs, il est strictement interdit de poser un détecteur dans les parties communes.

Dans les parties privatives, il faut installer le détecteur de préférence dans les couloirs, en priorité aux alentours des chambres, ceci dans le but d’être alerté si l’incendie se déclare pendant la nuit.

Les endroits à éviter : cuisine, garage, salle de bains… tous les endroits où il peut y avoir de la vapeur, de la fumée de cuisson, susceptibles de causer des détections intempestives et régulières.

Si le logement a plusieurs étages, il est fortement conseillé d’avoir au minimum un détecteur par étage. Les détecteurs interconnectables sont recommandés dans ce cas de figure, cela permet de recevoir le signal de l’incendie, même s’il démarre à un autre étage.

Ce schéma illustre les zones où les détecteurs doivent être placés de préférence, ainsi que les zones déconseillées.

Schéma de DAAF dans une maison

En terme d’emplacement optimal dans la salle elle-même, le détecteur doit être installé au plafond, au centre de la pièce, éloigné de 15 à 20 cm des murs et des coins. Dans une pièce où le plafond est incliné, il faut éviter de fixer le détecteur à proximité du point le plus haut car il y a peu de circulation d’air dans cette zone, ce qui empêchera la détection des fumées et vapeurs. Placez le détecteur à 1 mètre (mesure horizontale) du point le plus haut.

Lorsqu’il est impossible d’installer le détecteur au plafond (exemple : plafond sous un plancher chauffant), positionnez-le sur un mur à la verticale, 15 à 30 cm au-dessous du plafond, en éloignant le détecteur des coins.

Enfin, un détecteur doit être fixé solidement au plafond, avec des vis par exemple. Ne pas utiliser d’adhésif double-face par exemple. Les détecteurs sont généralement munis de deux parties : une partie fixe qui restera au plafond en permanence et la partie amovible qu’on enlèvera pour changer les piles. Beaucoup de détecteurs ont une sécurité qui empêche de les mettre en place si l’utilisateur n’a pas remis des piles dedans.

Que risque quelqu’un qui ne s’est pas équipé ?

Pour l’instant, la loi ne prévoit ni de vérification ni d’amende pour ceux qui ne se conformeraient pas à cette obligation légale. Donc, rassurez-vous, aucun risque de voir votre domicile perquisitionné pour vérifier si vous avez bien posé votre détecteur de fumée ! Cependant, cette loi a pour but de sensibiliser les gens aux dangers des incendies domestiques et de les inciter fortement à installer un détecteur de fumée pour sécuriser leur logement.

En somme, en vous équipant, vous minimisez les risques d’aggravation d’un incendie et de pertes irremplaçables. Le plus gros risque de ne pas s’équiper, c’est de ne pas être averti à temps d’un incendie, avec les conséquences possibles qui s’ensuivent.

Cependant, il y a un contexte où la vérification de présence et du bon fonctionnement du détecteur de fumée est imposée : au moment de la mise en location du logement, lors de l’état des lieux. L’obligation démarre à partir du 8 mars 2015, date d’entrée en vigueur de la loi.

Attention aux arnaques !

Comme beaucoup de nouveaux dispositifs légaux, celui-ci inspire des personnes malintentionnées. Sous couvert de vous rendre service, celles-ci peuvent vous proposer des prestations déraisonablement chères.

Notez qu’il n’y a pas de contrôle de détecteur de fumée prévu par la loi, et il n’y a pas non plus de professionnel mandaté par l’État pour effectuer la vérification ou l’installation de détecteurs de fumée. Il y a d’ores et déjà des cas de démarchage à domicile où un vendeur propose un détecteur avec une installation à domicile et un contrat d’entretien, dont le montant peut être plus cher que la normale.

Si vous avez besoin d’aide pour l’installation, faites de préférence appel à des proches ou des professionnels que vous connaissez déjà. Pour une estimation du nombre de détecteurs nécessaires ainsi que leur emplacement optimal, vous pouvez par exemple faire appel à un expert de votre assurance. L’installation d’un détecteur de fumée est simple pour les gens un minimum bricoleur. Quant à l’entretien, il est totalement réalisable par vous-même comme nous l’expliquions plus haut.

Comment informer son assureur ?

Vous pouvez simplement envoyer une installation sur papier libre à votre assureur, indiquant le nombre de détecteurs que vous avez installé, en datant et signant.

Attestation d’installation

Je soussigné … (votre nom et prénom), détenteur/trice du contrat n°… (numéro de contrat), déclare avoir installé … détecteur(s) D.A.A.F. certifié(s) EN14604 à l’adresse suivante :
(adresse, code postal, ville…)

N.B. : si les détecteurs sont également NF 292, vous pouvez le préciser après la mention EN14604.

Notre sélection de détecteurs D.A.A.F. compatibles EN14604

Nous avons réuni dans notre section détecteurs de fumée compatibles EN14604 une sélection de plusieurs détecteurs répondant à cette norme. Voici le détail pour quelques détecteurs de cette sélection.

Détecteurs de fumée interconnectables – Chacon

Détecteurs interconnectables ChaconNous avons évoqué plusieurs fois dans l’article l’intérêt que pouvaient avoir des détecteurs interconnectables, surtout pour les logement ayant des étages. Voici une très bonne gamme de détecteurs interconnectables simple à appairer entre eux. La marque Chacon a une très bonne réputation sur la finition de ses produits. Les détecteurs, évidemment compatibles EN14604, sont utilisables individuellement en tout autonomie, mais peuvent aussi être appairés ensemble à l’infini, afin d’être averti si un incendie se déclenche à n’importe quel étage.

Vendu en pack de deux pour tirer parti de son aspect interconnectable, le détecteur de fumée interconnectable est aussi vendu à l’unité (CH34131), pour une utilisation en autonomie ou dans le cas où vous avez besoin d’un nombre impair de détecteurs interconnectés. Il n’est pas compatible avec les centrales communiquant directement avec la technologie Chacon, en revanche il est compatible avec le RFXCom et les box domotiques l’utilisant en extension (pour recevoir les alertes en cas de déclenchement).

Les détecteurs sont prévus pour une durée de vie de 5 ans.

Détecteur de fumée optique MyFox

Détecteur de fumée optique MyFoxLa Home Control 2 de MyFox est une référence en matière de centrale de sécurité ayant des capacités domotiques. Ce détecteur optique ne déroge pas à la règle puisqu’après l’avoir associé à votre centrale MyFox Home Control 2 (une opération extrêmement simple), il s’intègrera totalement dans votre système général d’alarme et pourra vous envoyer les alertes de votre choix. C’est aussi un D.A.A.F., donc dans tous les cas il signalera un incendie via une forte sonnerie. Cerise sur le gâteau, ce détecteur est aussi compatible avec la norme française NF 292.

 

A propos Pierre

Technophile, ludophile et bidouilleur dans l'âme, j'aborde les nouvelles technologies avec passion, curiosité et ouverture d'esprit. Je faisais partie de l'équipe de Planète Domotique de juin 2013 à mai 2017, d'où l'écriture de nombreux articles de blog pendant cette période.

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4 commentaires

  1. Les détecteurs de marque Otio référence 520032 sont je suppose du type optique.

    pourriez-vous me le confirmer ?

    • Bonjour M. Hubert. Après une recherche rapide, je peux vous confirmer que ces détecteurs sont à la norme EN14604. En revanche, ce ne sont pas des produits que nous vendons dans notre boutique, donc je ne dispose que d’information limitées à leur sujet 🙂

    • La consigne de sécurité incendie prévoit des essais et visites périodiques du matériel et des exercices au cours desquels les agents de sécurité apprennent à reconnaître les caractéristiques du signal sonore d’alarme générale, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires.

  2. La sécurité incendie prend de plus en plus de place dans les préoccupations des acteurs socio-économiques et des citoyens d’où la responsabilité des professionnels à s’engager pour répondre à leurs attentes et leur garantir un environnement sûr et sécuritaire.
    Safety-bus vous propose la formation sécurité incendie qu’est destinée à permettre l’acquisition des bons réflexes en cas de départ de feu.
    La notion de travail d’équipe est prise en compte afin de gérer le sinistre ou de se préparer à l’évacuation.

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